Arles : les étudiants infirmiers et aides-soignants dans la bataille

En septembre dernier, élus et direction de l'hôpital avaient accompagné la rentrée des étudiants, si précieux aujourd'hui. Photo valérie farine

Ils n'ont plus cours dans leurs salles de classe depuis le 16 mars dernier, et le début du confinement. Mais une grande partie de ces étudiants de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) ou de l'institut de formation d'aides-soignants (IFAS) est passée de l'enseignement théorique à la pratique, crise du coronavirus oblige. S'ils ne sont pas diplômés, ces étudiants ont eu le temps d'acquérir des compétences médicales que l'hôpital d'Arles a en effet pu exploiter, dans cette période sous tension. Car, sur la base du volontariat, ils sont environ 80, issus des différentes promotions, à être venus prêter main-forte aux équipes du centre hospitalier.

"Il y a eu une sensibilisation quasi immédiate à la situation qui s'est posée, et les étudiants ont répondu très nombreux de manière positive", raconte Christine Daly, directrice de l'IFSI-IFAS, elle-même mobilisée pendant cette période pour appuyer la direction des soins pour la gestion des organisations soignantes.

 

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Le gros du bataillon est constitué des élèves infirmiers de 3e et de 2e année, ainsi que des apprentis aides-soignants. Les 1re année n'étant concernés qu'à la marge. "Ils sont trois à intervenir au centre hospitalier. Mais nous en comptons cinq qui sont partis à Paris intégrer la réserve sanitaire au moment où l'Île de France en avait le plus besoin", indique Christine Daly, avant de préciser les rôles de chacun : "Les étudiants interviennent dans le cadre des compétences qu'ils ont acquises", souligne-t-elle. Nursing, actes paramédicaux, des 2e année infirmiers qui font office d'aides-soignants auprès des patients de l'hôpital, roulement, pour certains 3e année, au sein des unités Covid... Comme plongée dans un nouvel univers professionnel, on a connu plus reposant !

"Ils n'interviennent pas dans un contexte évident, il y a des craintes liées au Covid-19, reconnaît la directrice de l'IFSI. Même s'ils ont été volontaires, qu'ils ont fait ça de façon spontanée, cela n'empêche pas d'avoir peur, pour soi et pour sa famille. Ils ont été confrontés, comme tous les professionnels de santé, au fait de ne pas toujours avoir les moyens de protection attendus, même si l'hôpital a fait tout ce qu'il a pu, et ont été exposés, comme eux. En tout cas, même s'ils se sont questionnés, cela ne les a pas empêchés de venir au front, et de rendre service. On peut rendre hommage à ses étudiants !"

"Ils ont beaucoup apporté"  

Et à Arles, ces forces supplémentaires ont fait du bien. "Par leur volonté, leur dynamisme, ils ont beaucoup apporté, et ils apportent toujours, assure Christine Daly. En ce qui me concerne, je suis fière de mes étudiants. Les besoins ont été énormes, et ils ont pu permettre d'apporter les soins que les patients attendaient. Et au-delà de cette fierté, je suis particulièrement touchée de voir que chacun, à la hauteur des compétences qui sont les siennes, a pu se mobiliser pour aider les professionnels de santé. Durant leur formation, on essaye de leur inculquer des valeurs, et je pense que quelque part, ce message-là est passé."

 

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L'engagement de cette armée de l'ombre est aussi salué par Laurent Donadille, le directeur de l'hôpital d'Arles. "Ces étudiants, cela constitue un plus remarquable, et cela mérite d'être souligné, observe-t-il. Cette période particulière nécessite un mode d'organisation collectif où doit jouer la solidarité. Ces étudiants constituent des maillons importants dans la constitution des équipes qui doivent faire face à cette maladie. Cela aurait été beaucoup plus compliqué sans eux !"

La chance d'Arles aura été d'avoir, adossé au centre hospitalier, cet institut de formations en soins infirmiers et cet institut de formation d'aides-soignants. "Ces instituts nous sont déjà très utiles pour nos stages et nos recrutements, car nous avons besoin de personnel qualifié. Et là, cela nous a aidés pour gérer une période de crise bien difficile", affirme Laurent Donadille. Et en attendant le retour à la normale, ces étudiants, en plus d'avoir donné un sacré coup de main, se seront forgés une expérience professionnelle hors du commun.


Coup de pouce de la Région

La région Sud-Provence Alpes-Côte d'Azur, qui assume les compétences de formations sanitaires et sociales, a décidé de faire un geste pour les étudiants infirmiers et élèves aides-soignants qui se sont portés volontaires pour étoffer les équipes médicales des hôpitaux. "La Région avait mis en place une première prime, elle vient de la rehausser, c'est une reconnaissance, on le fait pour récompenser ceux qui se sont engagés, sans y être obligés", explique Cyril Juglaret, conseiller municipal, mais usant ici de sa casquette de conseiller régional.

L'élu n'a pas manqué de souligner l'engagement fort des étudiants arlésiens. "Plus de 80 étudiants infirmiers se sont engagés, sur 150 au total", souligne-t-il. Dans le détail, 36 ESI de 3e année ont répondu présent (dont 30 à l'hôpital d'Arles), 35 ESI de 2e année (dont 31 à Joseph-Imbert), 10 ESI de 1re année (dont 3 au CH d'Arles), et 20 élèves aides-soignants (dont 19 au CH d'Arles). Les 3e année toucheront 1 300€, les 2e et 1re années 1200 €, et les aides-soignants 1 000€.

Par Christophe Via

Source: La Provence

mercredi 12 août 2020

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